L’histoire des figures de haute école


Le Cadre noir est le garant de l’Équitation de tradition française. Bien plus qu’une pratique, c’est avant tout une philosophie qui se caractérise par la recherche d’une relation harmonieuse entre le cavalier et son cheval. Elle se base sur la participation volontaire du cheval, sans effet de force ni contrainte. La notion de bien-être du cheval est primordiale au sein du Cadre noir, valeur partagée par le Laboratoire Ravene. C’est dans ce cadre que les deux organisations se sont associées (voir le communiqué ici) et vous proposent chaque mois des articles accessibles et instructifs. Nous démarrons par un article consacré à l’histoire des figures de haute école. Bonne lecture !

Les sauts d’école

Les sauts d’écoles du Cadre noir sont le résultat d’une évolution de ceux pratiqués dans les académies de l’ancienne école telle que le Louvre, les Tuileries ou Versailles pour arriver à ceux pratiqués aujourd’hui. Saumur est d’ailleurs la seule école à présenter les sauts de façon collective.

Les airs relevés naissent à partir de la Renaissance. Ils regroupent les mouvements dans lequel le cheval détache son avant-main, son arrière main ou les deux simultanément.
Ils n’ont jamais eu pour vocation une utilité militaire, malgré ce qui a pu être pensé. La maitrise technique et la préparation demandée prouvent qu’elles n’ont pas leurs places dans un contexte militaire où la rapidité prime. Ils ont pour fonction d’illustrer l’aboutissement du dressage du cheval de manège. On distingue les airs relevés des airs bas : passage, piaffer, pirouette…

Leurs intérêts aujourd’hui sont multiples : mise à l’épreuve de la solidité et de la légèreté du cavalier, ils confirment aussi la précision de l’éducation de la monture. Tous les sauts d’école sont enseignés d’abord à pied et éventuellement aux piquets puis monté. Le cavalier est d’abord passif et les ordres sont donnés par les écuyers à pieds situés à côté, puis quand le cheval est prêt le cavalier donne les ordres seul. Une fois que le cheval sait réaliser l’ensemble des trois sauts d’école seul avec son cavalier, à pied ou monté, il faut encore l’habituer à les réaliser en groupe, autour d’une dizaine d’autres chevaux.

La Courbette

Crédit : Alain Laurioux

Le cheval se dresse sur ses postérieurs en gardant ses jarrets légèrement fléchis et les antérieurs ployés. Il conserve sa position quelques secondes, immobile. Le piaffer sur les hanches est le préambule de cette figure.

La Croupade

Crédit : Alain Laurioux

le cheval prend appui sur ses antérieurs et décoche une ruade énergique tout en conservant sa mise en main. Elle est demandée à partir du piaffer sur les épaules. Elle est parfois réalisée aux piquets, notamment en gala.

La Cabriole

Crédit : Alain Laurioux

À partir d’un galop très rassemblé appelé le terre-à-terre, le cheval se propulse pour sauter en l’air. Au plus haut, il décoche une ruade horizontale aussi énergique que possible. C’est le point d’orgue de l’éducation. Elle demande de nombreuses qualités physiques (souplesse, musculature, force et énergie) et psychologiques. Unique en son genre, ce mouvement n’a pas évolué depuis le XVII -ème siècle. C’est un air extrêmement élaboré et tous les chevaux n’en sont pas capables.

L’apprentissage des figures de haute-école suit un ordre précis. On apprend au cheval la courbette tout d’abord : piaffer, engager les postérieurs et abaisser les hanches tout en soutenant son encolure. Ensuite vient le tour de la croupade : allègement de la croupe, rebond, équilibre. Puis la cabriole qui peut être assimilée à un savant mélange des deux mouvements précédents.


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