PORTRAIT – Lili Célestine


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Lili Célestine, c’est l’histoire d’une maison à la campagne. C’est l’histoire d’une petite fille passionnée par ses deux poneys et rêvant de jeux olympiques. C’est l’histoire d’une maman menant de front son auto-entreprise, sa carrière de cavalière, sa vie de femme et celle de mère. Maman de Céleste, 6 ans, Anaïs Albertino vit avec son époux et sa vie à la campagne, dans une maison chaleureuse accolée à une petite écurie privée. Elle y loge notamment Fischer Price, cheval qui lui a été confié et dont elle s’occupe comme du sien. À 33 ans, Anaïs a des rêves équestres plein la tête, et concilie chaque jour la gestion de son cheval et des écuries, son auto-entreprise, et sa vie de mère et épouse.

Zoom sur ses journées bien remplies !

  • Bonjour Anaïs, merci de te prêter au jeu du portrait ! Voilà quelques temps maintenant que tu gères ton cheval H24, car celui-ci est hébergé chez toi. Une telle responsabilité n’est-elle pas trop stressante ?

Avec grand plaisir, merci à vous pour votre intérêt !
Non, car cela fut une décision murement réfléchie, lorsque la décision fut prise nous en avions discuté très sérieusement avec mon époux mais également notre fille qui avait 5 ans à l’époque. On savait que cela allait demander des sacrifices mais que ça pouvait aussi énormément nous apporter et renforcer l’unité familiale. Près d’un an et demi plus tard, nous avons trouvé notre rythme, tout est question d’équilibre et Fischer fait partie de la famille, on fonctionne comme si c’était le 4èmemembre de la famille que l’on doit prendre en compte dans toutes nos décisions.

  • Cela représente certaines contraintes ?

Contraintes pas exactement, mais craintes oui. La pire de toute c’est l’incapacité de gérer les écuries en cas de maladie par exemple, à chaque fois que je tombe malade cela m’angoisse car je sais que malgré tout il faut que je gère mon cheval (son box, ses repas, ses sorties, etc… ) mais il faut également que je me ménage car je dois gérer ma fille, ce sont des périodes que je crains car l’équilibre dont je parlais précédemment est totalement chamboulé. Autre situation délicate c’est lorsqu’on veut s’absenter, si on est invité ou qu’on souhaite sortir le soir je vais devoir m’organiser différemment avec Fischer, par exemple le rentrer plus tôt au box (il dort dedans la nuit, sauf en été) et repasser peut-être en rentrant de soirée pour lui redonner du foin, donc toujours avoir une paire de bottes sous la main pour éviter de marcher dans le box en talons aiguilles !  et bien sur se lever plus tôt le matin pour le sortir vu qu’il a passé une plus longue nuit au box, bref pas de tout repos !

  • Le fait de gérer totalement ton cheval au quotidien apporte-t-il quelque chose de plus à votre relation ?

Oui, j’en suis convaincue ! Lorsque Fischer est arrivé à la maison il était facilement nerveux, j’avais du mal à utiliser un spray pour lui démêler la queue, il ne restait pas en place à la douche ou il était compliqué de le promener en longe sans qu’il monte en pression. C’est un cheval qui a énormément besoin de son « humain référent», il s’attache beaucoup à lui et cela le rassure énormément. Tout cet apaisement au quotidien s’est ressenti en selle également. À présent il est serein, il m’a donné son entière confiance et cela n’aurait pas été possible s’il ne vivait pas à la maison, ici personne n’interfère dans notre relation, il me connait parfaitement et inversement.

  • Qu’aurais-tu envie de dire aux cavaliers qui hésitent à héberger leurs chevaux chez eux ?

Il faut surtout réfléchir et se poser toutes les bonnes questions. Je pense que c’est avant tout une philosophie de vie et il faut être certain de pouvoir être présent à chaque heure du jour (comme de la nuit). On oublie les grâces matinées ! Ce n’est pas un choix à la légère, il faut être conscient qu’on passe plus de temps à gérer les écuries qu’à monter. Cela peut être contraignant pour des personnes qui travaillent beaucoup à l’extérieur. Tout comme lorsqu’on souhaite partir en week-end ou en vacances, il faut impérativement trouver une solution fiable dès qu’on s’absente. Il faut également prendre en compte les besoins du cheval, y a t-il assez d’espace ? Sera-t-il seul ? Pourrais-je l’abriter en cas d’intempérie ou de canicule ? Selon les objectifs, aurais-je le temps de l’entrainer, les infrastructures ? Et pour finir, est-ce que l’entourage est aussi prêt à se lancer dans l’aventure, car un cheval à la maison c’est un membre de la famille à part entière et qu’on le souhaite ou non, il s’impose dans la vie de famille. Mais si la personne est prête à relever le défi je lui dirais de foncer. En concours, lorsque vous remportez une première place il n’y a rien de plus gratifiant, on ressent plein de fierté de tout le mal qu’on s’est donné tous les jours à la maison à faire le fumier ou remplir les seaux d’eau sous – 10 degrés, c’est une sensation unique, un réel aboutissement de tout ce travail de l’ombre.

  • Quels sont tes objectifs avec Fischer, alias « Fifi » ?

Je suis partie de rien, j’étais une simple cavalière de balade il y a un an et demi, mon rêve était de me lancer dans le dressage et par chance ce cheval est un excellent maitre d’école. J’avance doucement mais sûrement, en quelques mois j’ai tant appris que j’ai déjà l’impression d’avoir dépassé tous les modestes objectifs que je m’étais fixée. Mais si toutefois je devais parler d’avenir, je dirais que mon objectif à court terme est de remporter en filet simple une épreuve de dressage Club 2 Grand Prix avec un cheval rond et souple. Pour l’instant lui il est capable d’y parvenir mais pas moi, donc je travaille dur en vue de cet objectif car c’est une étape cruciale dans ma vie de cavalière. Si je devais regarder plus loin, je souhaite sincèrement progresser en dressage et gravir toutes les étapes jusqu’à la Club Elite. Pour l’instant c’est difficile, je n’ai pas encore véritablement le niveau, d’autant plus que j’évolue seule, mais je sais que je peux énormément évoluer dans mon équitation à ses côtés, alors je m’accroche ! Mais mise à part le côté sportif, mon plus sincère objectif est de continuer de partager ma vie avec lui !

  • En parallèle, tu es également autoentrepreneur, peux-tu nous parler un peu de Lili Célestine ?

Après mon congé maternité j’ai eu un licenciement économique. Comme souvent, j’ai accueilli ce coup du sort comme une épreuve de la vie et je me suis questionnée sur ce que je voulais réellement faire. Rester auprès de ma fille me paraissait primordial. Je voulais être une maman présente et disponible. Je faisais de la couture et de la broderie pour mon plaisir personnel, j’ai donc décidé de me lancer autoentrepreneur car malgré tout je voulais rester active et pas seulement « maman au foyer ». C’est ainsi qu’est née ma boutique en ligne, Céleste avait 6 mois. A présent si je ne suis pas à l’écurie je suis à l’atelier, c’est grâce à ce travail à la maison que j’ai pu accueillir Fischer, il était hors de question d’avoir un cheval si je n’étais pas à la maison de la journée pour garder un œil sur lui et intervenir en cas de besoin. Ainsi depuis la fenêtre de l’atelier je garde un œil sur lui tout en confectionnant des articles de coutures et broderies destinés aux mamans et à leurs fillettes, un univers totalement féminin, doux et édulcoré dans lequel j’adore m’évader.

  • Tu es aussi maman à temps plein, et tu as à cœur de passer du temps avec Céleste et de partager des choses avec elle. Vous partagez la même passion des chevaux, est-ce que cela t’aide dans la gestion du quotidien ?

J’ai la chance d’avoir une petite fille absolument adorable, pleine de bienveillance et d’empathie, ainsi elle comprend très bien que le matin lorsqu’elle déjeune je peux m’absenter pour aller nourrir Fifi. Dans la journée je peux également m’absenter plusieurs fois car selon le temps je fais de nombreux allers / retours à l’écurie. Elle a parfaitement intégré ce mode de vie et accepte de m’attendre seule à la maison. Bien entendu elle m’accompagne aussi très souvent et à pleinement conscience de la rigueur qu’impose la gestion d’un cheval à la maison. Elle aimerait d’ailleurs m’aider davantage car elle adore s’occuper des écuries mais à 6 ans elle est encore petite et beaucoup d’actions ne sont pas appropriées à son âge, comme faire le box, porter les seaux d’eau ou les tranches de foin. Toutefois, elle m’observe beaucoup, elle voit que pour sortir en concours je m’entraine dur, parfois lorsque je m’aventure sous une pluie battante pour aller rentrer Fifi au box je la vois derrière la fenêtre à m’attendre et lorsque je franchi le pas de la porte en dégoulinant d’eau elle s’inquiète de savoir si je vais bien, elle voit chacune de mes actions et sait que pour avoir un cheval en parfaite santé et faire des résultats en concours cela demande un gros investissement personnel. C’est une leçon de vie au quotidien pour elle j’en suis persuadée. Si cette aventure se déroule aussi bien c’est aussi grâce à elle, elle a toujours su qu’avoir un cheval c’était le rêve de ma vie donc elle partage pleinement ce bonheur et s’en nourri tous les jours.

  • Raconte nous une journée type chez Lili Célestine !

A mille à l’heure !  C’est une question qui m’a souvent été posé par d’autres mamans justement alors je vais vous dresser le détail d’une journée type comme un mardi !

Réveil :  6h30, j’aime prendre le temps de déjeuner le matin en gérant les e-mails de mes clientes ou les réseaux sociaux, il m’arrive aussi de profiter de ce moment pour mettre en ligne des articles sur la boutique, faire un drive pour les courses ou regarder la fiche d’un concours qui a été clôturée durant la nuit.

7h00 : Je commence à ranger la maison en silence, ouverture des rideaux, m’occuper des chats et ranger les petites choses qui ont été oublié le jour précédent, chez nous l’ordre est de mise, la règle d’or est de ne pas se laisser envahir. Je m’occupe aussi du linge.

7h30 : Je réveille Céleste, on s’habille ensemble, elle en tenue d’école et moi en tenue d’équitation ou d’écurie pour faire le box ( selon si je monte ou pas ).

7h45 : On descend à la cuisine, je lui prépare son porridge puis j’enchaine sur le gros ménage bruyant comme vider le lave-vaisselle, etc…

8h00 : On remonte à la salle de bain, brossage des dents, puis on vérifie le cartable, on démarre l’aspirateur robot (mon meilleur ami) et on se prépare pour le départ à l’école.

8h20 : Départ pour l’école, comme on habite à la campagne il nous faut prendre la voiture.

8h30 : Me voici de retour, je repasse par la maison pour changer de chaussures et direction les écuries.

De 8h30 à 10h30 : Je nourris Fifi, m’occupe de faire son box pendant qu’il marche dehors autour de la maison puis après gros pansage je me mets en selle soit pour une séance de dressage ou une promenade. Ce labs de temps je coupe la sonnerie de mon téléphone pour me déconnecter un peu, sauf si je poste des story Instagram bien spécifique.

10h30 : Retour à la maison, s’ils annoncent une belle journée et que par conséquent je ne retournerai pas aux écuries avant le soir je file prendre une douche pour mettre ma tenue de ville (oui on sépare bien les deux). Sinon je monte à l’atelier et je commence à mettre en place pour le travail de l’après-midi et je reste en tenue d’équitation toute la journée.

11h20 : Départ pour l’école

11h40 : Retour de l’école, je m’occupe de préparer le repas pendant que Céleste joue, puis on mange.

13h00 : Céleste s’amuse et moi je monte à l’atelier pour commencer ma journée de travail tout en gardant un œil sur les écuries.

14h00 : Départ pour l’école

14h15 à 16h20 : Travail à l’atelier, c’est le moment où je fonce car je suis seule donc je peux avancer, je fais aussi énormément d’allers / retours à la fenêtre pour voir si les chevaux vont bien.

16h20 : Je retourne à l’école

16h40 : Nous sommes de retour,  généralement Céleste va faire un bisou à ses poneys ou à Fifi, puis on goûte ensemble.

17h00 : En hiver je vais rentrer Fifi au box, je lui change ses couvertures et lui donne du foin. Puis je retourne à la maison où je range l’atelier, affranchie les commandes au départ, étends une machine, etc… Ensuite on fait les devoirs.

18h00 : Je m’occupe du repas du soir

18h45 : Alors que le repas termine de cuire je file aux écuries donne à Fifi sa ration du soir, puis je refais le box avant la nuit.

19h00 : L’heure de la douche pour tout le monde.

19h30 : On mange en famille, puis on range la maison.

20h00 : Céleste se prépare pour aller au lit

21h00 : Si je ne suis pas trop fatiguée je fais du post-traitement sur les photos prisent dans la journée, je réponds à mes e-mail, m’occupe de passer des commandes fournisseurs pour la boutique… Puis je vais, enfin, me coucher.

  • Merci Anaïs, nous te souhaitons une bonne continuation et beaucoup de succès en concours avec ton Fifi !

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