Le parcours de Geneviève Megret et les débuts du Haras de Clarbec


Bonjour Geneviève, 
Merci de nous accorder un peu de votre temps ! Pour ce premier article, pourriez-vous nous parler un peu de vous, de votre parcours… 

Du plus loin qu’il me souvienne j’ai ressenti cette passion pour l’animal cheval. Quelque chose d’inexplicable, une émotion intense. Je n’ai par contre commencé à monter à cheval que vers 16 ans. La vie en a décidé ainsi. La raison m’a poussée à faire des études, consciente que vivre des métiers du cheval et particulièrement de celui de cavalier était très difficile.

Vous êtes médecin et avez exercé de nombreuses années en région parisienne tout en pratiquant l’équitation à haut niveau en saut d’obstacle. Comment arriviez-vous à concilier votre métier si prenant avec votre passion du cheval ? Jusqu’à quel niveau d’épreuve avez-vous monté en compétition ? 

La grande chance de ma vie a été ma rencontre avec Dominique, qui est devenu mon mari et qui partageait ma grande passion des chevaux étant lui-même cavalier et qui a évolué dans des épreuves jusqu’au niveau GP nationaux. Grace à lui j’ai pu avoir mon premier vrai cheval de concours (Iota de Launay) qui m’a emmenée jusqu’au championnat de France des cavalières, que j’ai monté en concours pendant 12 ans en faisant un petit passage chez Laurent Elias qui l’a monté jusqu’en GP lorsque j’attendais ma fille Elise.

Mon piquet de chevaux s’est un peu étoffé et j’ai essayé de concilier mon rôle de mère de famille, mon métier de médecin et mon activité de cavalière de concours. J’avoue que les journées étaient fort remplies pour jongler entre les consultations, le travail des chevaux, le rôle de maman et le repos n’était guère de mise. Elise a partagé tous nos périples de concours en concours dès son plus jeune âge. Est-ce de cette époque qu’elle tient cette même passion des chevaux sans doute encore plus fort que la mienne. Dominique montait J’ai eu la chance de monter de formidables chevaux de concours (Quirielle de Riou et Turf des Champs notamment) qui m’ont permis de devenir performante dans de belles épreuves internationales jusqu’à un niveau de 150 155. 

Geneviève Mégret et sa “crack jument” Quirielle du Riou aux Championnats de France de 1993

À quel moment avez-vous décidé de changer radicalement de vie, et pourquoi ? 

C’est là que les choses se sont un peu corsées et qu’il a fallu faire un choix. Les compétitions étaient de plus en plus prenantes et je finissais par trouver que j’exerçais toutes ces activités de façon trop imparfaite. Le temps me manquait pour mener à bien toutes mes activités même en mettant les bouchées doubles.

En même temps, à cette époque la médecine en France était en train d’évoluer dans une direction qui ne correspondait plus à mon idéal. C’est encore une fois grâce au soutien de Dominique et à la grande gentillesse d’Elise ma fille que j’ai pu amorcer ce changement de vie radical pour me consacrer plus pleinement à ma passion de toujours. Les chevaux !!

Pourriez-vous nous parler un peu de l’histoire du Haras de Clarbec ? Ses débuts et son évolution… 

Tout naturellement nous nous sommes mis en quête d’une propriété qui pourrait accueillir cette nouvelle orientation. La Normandie paraissait le terroir idéal et nous sommes tombés amoureux du Pays d’Auge puis du Haras de Clarbec qui de par sa localisation était un compromis idéal Elise et Dominique restants basés pour cause d’études et de profession à Paris.

Nous avons commencé petit à petit avec mes quelques chevaux de concours et les débuts de l’élevage pour arriver plus de 20 ans après à ce qu’est devenu le haras aujourd’hui !! C’est-à-dire en permanence 30 chevaux de concours au travail des 4 ans jusqu’aux chevaux de haut niveau, l’activité d’élevage qui a pris son essor avec l’acquisition d’une deuxième propriété plus spécifique proche de Clarbec puis l’étalonnage qui s’est un peu imposé du fait de l’acquisition d’étalons de sport performers.

Geneviève Mégret avec sa casquette de propriétaire : ici avec la fabuleuse Sultane des Ibis, véritable porte drapeau du Haras de Clarbec.

Aujourd’hui, si c’était à refaire, recommenceriez-vous ? Êtes-vous satisfaite de ce tournant radical et de ce changement de vie ? 

Oui je pense que je recommencerais si c’était à refaire. Les choses seraient sans doute un peu différentes car on apprend toujours de ses erreurs. Ma vocation de médecin était bien réelle pour venir en aide et soigner au mieux les corps et les esprits. Le regret que j’ai, c’est d’avoir perdu tous ces rapports privilégiés construits au fil du temps et de ces nombreuses années avec bon nombre de mes patients. C’est une page qui s’est tournée. 

Je crois que j’étais vraiment programmée, bien que pas du tout prédestinée, pour cette vie au grand air et proche de mes chevaux. Je ne parlerais pas d’un tournant mais plutôt d’une concentration sur un objectif plus précis même si bien sûr ma vie en a été profondément modifiée.

Geneviève Mégret avec sa casquette d’éleveuse : ici avec un foal du printemps 2020 !

Y a t-il un aspect de votre métier multi-casquettes qui vous fait tout particulièrement vibrer ? L’élevage, les jeunes chevaux, le très haut niveau ? 

Difficile de répondre à cette question ! La diversité de mes orientations me passionne. La proximité des chevaux, les rapports avec les éleveurs, l’excitation des grandes échéances, chacune a une saveur particulière. Certainement la monotonie ne risque pas de s’installer !! le haut niveau procure certainement le plus de décharges d’adrénaline mais passer de longs moments en compagnie des poulains et voir évoluer les jeunes chevaux procure également un grand plaisir ainsi que parler des croisements d’étalon avec les éleveurs en refaisant le monde !!

Merci Geneviève, à bientôt ! 


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