Le concours complet : des compétences spécifiques pour chaque épreuves


Le concours complet par les écuyers du Cadre Noir

Cet article a été écrit par les écuyers Patrick Galloux, Philippe Mull, et le préparateur physique Guy Bessat.

Le concours complet d’équitation, véritable triathlon de l’équitation, enchaîne trois épreuves différentes généralement dans l’ordre suivant : le dressage, le cross et l’hippique.

Arnaud Boiteau et Mozart

Le concours complet pour le cavalier, il s’agit d’activités :

  • De pilotage pour réaliser des tracés précis dans un temps imparti,
  • D’équilibre « de luxe », de souplesse tonique, voire de force, pour fonctionner avec relâchement et en accord avec sa monture,
  • De perception pour comprendre son cheval et lui donner les bonnes informations,
  • A risque, compte tenu de la fixité des obstacles du cross.

Le concours complet pour le cheval, il s’agit d’activités :

  • D’endurance et de résistance pour réaliser l’épreuve de cross dans le temps,
  • De force et de souplesse pour développer des allures brillantes et sauter des obstacles dans des conditions et des profils très variés,
  • De courage et d’adresse pour effectuer un parcours sur des obstacles inconnus et souvent placés dans des situations complexes.

Les différentes épreuves du concours complet

Pour chaque épreuve du concours complet, le couple doit réaliser d’une manière optimale des figures jugées, des sauts sur des obstacles mobiles ou d’extérieur fixes suivant un tracé précis ou choisi dans un environnement dynamique et en extérieur.

Le dressage

L’épreuve de dressage consiste à effectuer une « reprise », c’est à dire un enchaînement de figures imposées sur un tracé défini. Cette épreuve permet d’évaluer le dressage du cheval (ses allures, son impulsion et sa soumission), la justesse du cavalier dans l’efficacité de ses aides et l’harmonie du couple (position et assiette). Chaque figure est notée ainsi que l’impression d’ensemble de la prestation du cavalier et du cheval ; Un total est calculé pour déterminer le classement dans ce test. Une pondération permet d’appliquer des points de pénalités.

  • Disposer de belles allures naturelles, rythmées, symétriques et régulières,
  • Se déplacer avec souplesse et décontraction,
  • Avoir un bon contact, c’est-à-dire «Etre sur la main»,
  • Avoir une bonne propulsion que nous qualifierons d’impulsion,
  • Présenter une bonne rectitude et des incurvations égales,
  • Pour le plus haut niveau, être rassemblé.

Le cheval doit avoir un bon tempérament pour se présenter décontracté dans une arène organisée pour le public et les médias.

En complément de ces qualités équestres déjà citées (justesse et efficacité des aides, position et assiette), le cavalier doit être :

  • Elégant et sobre dans ces actions,
  • Calme pour ne pas transmettre ses émotions à son cheval,
  • Volontaire pour aller chercher les points.

Le cross

Le cross consiste à réaliser un parcours incluant dénivelés et plusieurs obstacles naturels isolés ou combinés, dans un ordre défini et dans un temps donné, sans commettre de faute. Le cross s’effectue dans un rythme de galop soutenu, en recherchant le « temps idéal » fixé par la longueur et la difficulté du parcours, ou sur un choix tactique. A vitesse élevée, il faut maîtriser l’amplitude des foulées, l’équilibre du cheval, la qualité des abords (tracé, orientation, place d’appel…), tout en gérant son temps en fonction de la topographie du terrain et de la complexité des obstacles.

Arnaud Boiteau et Parador

Il s’agit d’un couple, cheval et cavalier, qui doivent se compléter, construire ensemble une relation particulière et tisser un lien de confiance.

C’est une épreuve à fort coût énergétique qui nécessite pour le cheval :

  • De la franchise et du courage,
  • De l’endurance et de la résistance à l’effort,
  • De la force, de la souplesse.

Parmi les compétences indispensables, on peut citer :

  • Un bon mental et du sang froid,
  • Une santé parfaite pour pouvoir être entraîné sans risque et pour résister aux sollicitations d’une épreuve d’extérieur sur des terrains de plus ou moins bonne qualité,
  • Une bonne classe de galop avec un bon équilibre permettant de réaliser l’épreuve avec plus de facilité dans un bon temps,
  • Une adresse et une agilité naturelle ou développée à l’entraînement, qui lui permettront de réagir avec intelligence et à propos dans les situations difficiles ou combinaisons complexes,
  • Une bonne aptitude au saut pour assurer un franchissement économique d’obstacles conséquents et/ou placés dans des situations peu favorables à la prise d’élan.

De son côté, le cavalier doit présenter des qualités et compétences :

  • De courage et d’engagement dans cette épreuve dite «à risque»,
  • De «froideur» devant la difficulté pour garder une capacité d’analyse quelle que soit la situation notamment en condition dégradée,
  • D’équilibre pour ne pas gêner son cheval dans des combinaisons difficiles, dans les dénivelés importants ou les obstacles de terre spectaculaires,
  • De force aussi bien des membres inférieurs (pour garder son cheval tendu notamment en fin de parcours), des membres supérieurs (avec des chevaux débordant d’énergie), que des muscles du maintien et du gainage pour résister dans son haut du corps et avoir des actions adaptées,
  • De vision des abords dans toute la gamme, à vitesse élevée en avançant ou lentement en freinant,
  • D’analyse pour faire les bons choix à la reconnaissance du parcours en fonction du niveau du couple, des objectifs du moment, et pendant le parcours pour réagir à propos lors d’imprévus.
Thibault Valette

Le saut d’obstacles

Le parcours de saut d’obstacles est composé d’obstacles mobiles qu’il faut franchir dans un ordre défini, dans un temps imparti et sans commettre de faute. S’il y a faute aux obstacles ou dépassement du temps accordé, le couple cavalier-cheval reçoit des points de pénalités.

L’hippique permet de tester la récupération et d’évaluer le respect et la technique du cheval lors de l’enchaînement d’un parcours. Ses qualités ne doivent pas s’être dégradées avec les efforts consentis sur le cross.

Le cheval doit :

  • Développer une bonne récupération ce qui témoigne d’une préparation efficace,
  • Avoir des capacités de saut suffisantes compte tenu des dimensions des obstacles,
  • Etre froid à l’environnement des arènes de grands concours.

Le cavalier doit :

  • Etre habile pour gérer un parcours sur un cheval fatigué à l’équilibre dégradé. Le cheval n’aura ni les mêmes marges de manœuvre ni la même réactivité aux actions du cavalier,
  • Etre particulièrement peu émotif pour ne pas perdre ses moyens dans l’ultime épreuve où tout peut se jouer.

Le concours complet, une discipline spécifique

Cette brève analyse du concours complet d’équitation permet de situer les grandes qualités nécessaires au cheval et au cavalier. Elle positionne cette discipline par rapport aux autres, sportives et équestres, en la démarquant pour ce qui lui est spécifique ou en faisant ressortir de nombreuses compétences transversales. Enfin pour un couple donné, à un moment de sa carrière, il est possible de vérifier si les capacités incontournables sont effectivement présentes et si elles peuvent être encore développées par une préparation plus spécifique.

Arnaud Boiteau


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