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CHECK-UP HEBDOMADAIRE !
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CHECK-UP HEBDOMADAIRE !

Le mot de nos experts Le

Prendre quelques minutes chaque semaine pour observer son cheval est une excellente habitude. Ce
rendez-vous régulier permet de détecter rapidement un changement de comportement, une gêne ou un
début de problème de santé avant qu’il ne s’aggrave.

Ce check-up ne remplace évidemment pas le suivi d’un vétérinaire, mais il constitue un excellent moyen de
mieux connaître son cheval et d’agir rapidement en cas d’anomalie.

Voici les 10 points essentiels à vérifier chaque semaine.

1. SON ÉTAT GÉNÉRAL

Avant même de toucher votre cheval, prenez quelques
instants pour simplement l’observer dans son environnement.

Posez-vous quelques questions :

  • Est-il aussi vif et curieux que d’habitude ?
  • Se déplace-t-il naturellement dans son pré ou son box ?
  • Son état corporel semble-t-il stable ?
  • Son comportement a-t-il changé ?

Portez également une attention particulière à sa posture. Un cheval qui cherche à soulager une douleur adopte souvent des positions inhabituelles, parfois très discrètes :

  • il reporte son poids sur un autre membre
  • il se tient campé sous lui ou campé devant
  • il pointe un antérieur de manière répétée
  • il garde une posture figée ou semble hésiter à se déplacer
  • il cambre son dos ou présente une attitude anormalement tendue

Ces compensations sont parfois les premiers signes d’un inconfort locomoteur, musculaire, podal ou même viscéral. Plus elles sont détectées tôt, plus il est possible d’intervenir rapidement avant que la situation ne s’aggrave.

2. SES YEUX, SES NASEAUX ET SA RESPIRATION

Les yeux doivent être clairs, bien ouverts et exempts d’écoulements excessifs. Observez ensuite les naseaux. Ils doivent être propres, sans écoulement épais ou malodorant.

Profitez-en pour observer la respiration de votre cheval, même lorsqu’il est au repos :

  • les naseaux sont-ils anormalement dilatés ?
  • la respiration est-elle rapide ou bruyante ?
  • le cheval présente-t-il un effort respiratoire visible sur l’abdomen ?
  • tousse-t-il de façon occasionnelle ou répétée ?

Des naseaux très dilatés au repos ou une respiration plus laborieuse que d’habitude peuvent traduire une difficulté respiratoire. Associés à une toux chronique, une baisse de performance ou un mouvement abdominal marqué à l’expiration, ces signes peuvent notamment évoquer de l’asthme équin (anciennement appelé emphysème). Un bilan vétérinaire est alors recommandé.

Profitez-en également pour jeter un oeil aux muqueuses, notamment celles des gencives. Elles doivent être roses, humides et retrouver rapidement leur couleur après une légère pression du doigt. Des muqueuses pâles, très rouges, bleutées ou jaunâtres peuvent révéler un problème circulatoire, respiratoire ou général.

3. PROFITEZ DU PANSAGE POUR FAIRE UN VÉRITABLE CHECK-UP

Le pansage est bien plus qu’un simple moment de nettoyage : c’est l’occasion idéale d’examiner votre cheval de la tête aux pieds.

En passant les brosses puis vos mains sur l’ensemble du corps, observez sa réaction. Un cheval qui couche les oreilles, se contracte, s’écarte, tape du pied ou cherche à mordre lorsque vous touchez une zone peut exprimer une douleur ou une gêne.

Examinez également l’état de la peau et du poil. Recherchez : des plaies ou écorchures, des gonflements, des croûtes, des piqûres d’insectes, des pertes de poils, des irritations ou frottements liés au matériel.

Profitez ensuite de ce moment pour effectuer une palpation douce de tout le corps. Passez vos mains sur l’encolure, les épaules, le dos, les flancs, la croupe et les membres.

Cette palpation permet de détecter :

  • une chaleur anormale pouvant traduire une inflammation ;
  • une masse ou une grosseur inhabituelle
  • un oedème ou un engorgement
  • une contracture musculaire
  • une zone sensible ou douloureuse

Comparez systématiquement les deux côtés du corps. Une différence de chaleur, de volume musculaire ou de sensibilité entre le côté droit et le côté gauche peut constituer un indice précieux.

4. SES MEMBRES

Observez chaque membre avec attention.

Vérifiez notamment :

  • l’absence de chaleur excessive
  • l’absence de gonflement
  • la présence éventuelle de petites blessures
  • l’état des tendons

Passez vos mains lentement le long des membres afin de détecter une sensibilité inhabituelle. Un membre légèrement engorgé ou chaud peut parfois annoncer une inflammation qu’il vaut mieux surveiller rapidement.

5. SES PIEDS

Les pieds méritent une attention particulière. Commencer l’observation en statique, le posé de chaque pied.

Lors du curage des pieds, observez :

  • l’état de la sole
  • la fourchette
  • les lacunes
  • les éventuelles fissures de la corne
  • les odeurs anormales pouvant évoquer une pourriture de fourchette

Profitez-en également pour comparer la température des quatre pieds. Un pied nettement plus chaud que les autres peut être le signe d’une inflammation ou d’un problème locomoteur.

Si vous savez le faire, palpez également les pouls digités. Des pulsations plus marquées que d’habitude peuvent être le signe d’une inflammation du pied et justifient une surveillance attentive, voire un avis vétérinaire.

Vérifiez enfin le bon état des fers si votre cheval est ferré.

6. SON DÉPLACEMENT

Si vous le pouvez, observez la locomotion de votre cheval au naturel : au pré, ou en liberté, au paddock ou dans une carrière par exemple. Observez-le au pas, au trot, de face, de dos, de profil. Si cela est compliqué, demandez à quelqu’un de vous le faire marcher puis trotter en main, sur une ligne droite, sur un sol plat et stable.

Observez :

  • la régularité des foulées
  • la symétrie des mouvements
  • la souplesse générale
  • une éventuelle raideur
  • une hésitation à tourner ou à reculer

Une légère irrégularité repérée tôt est souvent plus facile à prendre en charge qu’une boiterie installée.

7. SON ALIMENTATION ET SON HYDRATATION

Surveillez son appétit. Un cheval qui mange moins que d’habitude, trie son foin ou laisse une partie de sa ration peut exprimer un problème de santé ou de confort, notamment dentaire.
Vérifiez également qu’il boit normalement et que son point d’eau est propre et fonctionnel.
En période chaude ou après un effort important, soyez particulièrement attentif à son niveau d’hydratation.

8. SES CROTTINS ET SES URINES

Même si ce n’est pas toujours agréable, l’observation des déjections est très utile.
Les crottins doivent être bien formés, ni trop secs ni trop mous.
Une modification durable de leur aspect, de leur quantité ou de leur fréquence peut révéler un trouble digestif.
Les urines doivent également conserver une couleur habituelle. Des difficultés à uriner ou des changements
marqués justifient une consultation vétérinaire.

9. SON COMPORTEMENT AU QUOTIDIEN

Le comportement est souvent le premier indicateur d’un inconfort.

Demandez-vous si votre cheval :

  • vient toujours facilement vers vous
  • apprécie le pansage comme d’habitude
  • travaille avec la même envie
  • interagit normalement avec ses congénères
  • se couche ou se relève normalement

Un cheval plus irritable, plus apathique, plus anxieux ou au contraire inhabituellement calme mérite que l’on cherche la cause.

10. CONNAITRE LES CONSTANTES DE SON CHEVAL ET NOTER SES OBSERVATIONS

Connaître les constantes physiologiques de votre cheval est un véritable atout. Chaque cheval possède ses propres valeurs de référence, qui peuvent légèrement varier d’un individu à l’autre. Les relever lorsqu’il est en bonne santé vous permettra de réagir plus efficacement en cas de problème.

La température rectale est l’une des constantes les plus utiles à connaître. En prenant régulièrement la température de votre cheval lorsqu’il est en pleine forme, vous saurez quelle est sa valeur habituelle. Si une
fièvre apparaît, vous pourrez ainsi mieux évaluer son importance et suivre son évolution en attendant, ou après, un avis vétérinaire.

Il est également intéressant de connaître la fréquence respiratoire au repos de votre cheval. Elle est simple à mesurer en observant les mouvements de son thorax ou de ses flancs pendant une minute. Une
augmentation de cette fréquence, notamment si elle s’accompagne de naseaux dilatés, d’une toux ou d’un effort respiratoire, peut être l’un des premiers signes d’un problème respiratoire.

Enfin, tenir un carnet ou une fiche de suivi permet de conserver l’ensemble de vos observations. Vous pourrez y noter les constantes de votre cheval, son état corporel, les dates de vaccination, de vermifugation, les passages du vétérinaire, du maréchal-ferrant ou du dentiste, ainsi que toute anomalie observée. Ce suivi constitue une aide précieuse pour détecter une évolution anormale et fournir des informations utiles aux professionnels de santé équine.

EN CONCLUSION

Un check-up hebdomadaire ne demande qu’une dizaine de minutes, mais il peut faire toute la différence. Observer régulièrement la posture, la respiration, les réactions au pansage, les membres, les pieds, les
déplacements, le comportement et les constantes de son cheval permet de détecter précocement de nombreuses anomalies.

Le plus important est d’être attentif aux petits changements. En connaissant parfaitement ce qui est normal pour votre cheval, vous serez plus à même de repérer rapidement un problème et de faire appel aux professionnels compétents avant qu’il ne s’aggrave.

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